“Talking to us,” “inside our silence,” “a recent history”: The Internment of Japanese Americans in Amy Uyematsu’s Poetry - Sophie Rachmuhl

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Résumés

Français

Amy Uyematsu, poétesse nippo-américaine sansei (de troisième génération), native de Los Angeles, a été très affectée, comme nombre d’écrivains nippo-américains de la Côte Ouest, par l’expérience des camps d’internement durant la deuxième guerre mondiale, même si elle est née après. Cet épisode tragique, reconnu officiellement en 1981 comme le fruit du racisme, fut longtemps tu. Sa poésie – cinq recueils à ce jour – tente de remédier à cet oubli doublé d’un déni, où se rejoue le déracinement originel de l’immigration. Son œuvre restitue petite et grande histoires, au travers de bribes de vécu refoulés dans le silence – silence stigmatisant qui a enfermé Sino-Américains et Asiatiques-Américains dans une image de passivité complaisante, contre laquelle leurs enfants se sont révoltés. L’écriture a d’abord été une arme pour la poétesse, qui a milité dans sa jeunesse pour « l’Émergence du pouvoir jaune » (1969), rejetant cette compromission silencieuse. Coupée de sa langue, de sa culture et de ses racines japonaises, elle réussit à surmonter « le silence des pères » et à rebâtir un lien avec la première génération issei en apprenant le japonais, mot à mot, en improvisant des chants pour son fils, en recréant et réinventant ce qu’elle veut transmettre. Ce sont les femmes, notamment les artistes comme elle, les Sansei de la troisième génération, qui osent briser le silence et transmettre leur histoire à travers chants et poèmes, mais aussi par le « rythme, la gestuelle et la mémoire ». Le silence devient ainsi une voie vers l’apaisement, la compréhension et la « reliance » aux ancêtres. Amy Uyematsu propose, dans une poésie de plus en plus méditative au fil du temps, une guérison de l’intérieur et une ré-union des générations, en s’adressant d’abord aux siens, puis à elle-même, depuis « l’intérieur de notre silence ».

Anglais

Amy Uyematsu is a Sansei (third generation) Japanese American poet from Los Angeles, who has been deeply affected, like many other Japanese-American writers, by the experience of the World War II internment camps, even if she was born after the war. The tragic event, which was officially acknowledged as the fruit of racism in 1981, was hushed for a long time. The five books of poetry she has published strive to remedy this absence and denial, in which the original uprooting of immigration is being replayed. Her poetry recreates stories and history from life fragments repressed into silence—the stigmatizing silence which has shaped the stereotype of Japanese and Asian Americans as passive and subservient, and which their children have revolted against. For young activist Uyematsu, writing was indeed a weapon for “The Emergence of Yellow Power in America” (1969). Cut off from her Japanese language, culture, and roots, she has succeeded in overcoming “the silence of fathers,” and reconnecting with the Issei (first) generation of her grandparents, by learning Japanese, one word at a time, improvising songs for her son, and reinventing what she wants to pass on to the next generation. The third generation Sansei women are the ones, especially the artists like her, who dare break the silence and transmit their hi/story through song and poetry, but also “rhythm, gesture and memory.” Silence thus becomes a path to reconciliation, understanding and connectedness with ancestors. In her increasingly meditative poetry, Amy Uyematsu offers a healing from within and a re-union of generations, “talking to us,” “inside our silence.”

DOI: http://dx.doi.org/10.21412/leaves_0604

L'auteure

Français

Sophie Rachmuhl est Maître de conférences et américaniste à l’Université Bordeaux Montaigne. Elle est actuellement directrice du Département de Langues étrangères appliquées. Elle a publié aux États-Unis en 2015 A Higher Form of Politics:The Rise of a Poetry Scene, Los Angeles, 1950-1990 (Otis Books/Seismicity Editions), qui poursuit les travaux de sa thèse sur le même sujet, après avoir réalisé au milieu des années 1980 un documentaire : Innerscapes: 10 Portraits of L.A. Poets (1988). En 2012 elle a co-dirigé avec Nicole Ollier chez Castor Astral Griot Notes from L.A./Notes d’un griot de L.A., Kamau Daa’ood, recueil bilingue de morceaux choisis du poète afro-américain de Los Angeles, Kamau Daaood, traduits par le collectif de traduction Passages (de l’équipe d’accueil CLIMAS de l’Université Bordeaux Montaigne).

Anglais

Sophie Rachmuhl is Associate Professor of American Studies and Head of the Applied Languages Department at Université Bordeaux Montaigne. In 2015, she published A Higher Form of Politics: The Rise of a Poetry Scene, Los Angeles, 1950-1990 (Otis Books/Seismicity Editions), and in 2012 co-directed with Nicole Ollier Griot Notes from L. A./Notes d’un griot de L. A., Kamau Daa’ood (Castor Astral), by Los Angeles African-American poet Kamau Daaood and translated by Passages, a translation group which belongs to the University’s research group CLIMAS. She has been researching Los Angeles poetry for more than 30 years, and started out by making a video documentary: Innerscapes: 10 Portraits of L. A. Poets (1988).

Entrées d’index

Mots-clefs : Amy Uyematsu, poésie nippo-américaine, camps d’internement, poète de Los Angeles, silence, transmission.

Keywords: Amy Uyematsu, Japanese American poetry, internment camps, Los Angeles poet, silence, transmission.