Cabinet of Curiosities 1690s - Domenico Remps

International conference “Challenging Categories”

12-13 October 2023

Deadline for submissions: January 9, 2023

 

According to the Merriam Webster dictionary, a category is a class to which entities or concepts belong. Creating categories, according to Michel Foucault in The Order of Things (Les Mots et les choses) amounts to creating “common grounds,” common loci, which allow us “to tame the profusion of existing things” and pursue with our “age-old distinction between the Same and the Other.” By contrast, in his famous list of animals, “Borges does away with the site, the mute ground on which it is possible for entities to be juxtaposed,” and produces an “unthinkable space.” Categories, therefore, are necessary for humans to think, and the need to categorise is one of the most fundamental, defining characteristics of the human brain.

Medicine, for instance, not only needs but relies on categories since “diagnosis constitutes the naming of an ailment or condition based on classifications that are embedded in extant medical knowledge. Diagnosis is a critical feature of medicine, simultaneously identifying what is wrong, providing a roadmap for treatment options, and assessing possible outcomes or prognoses” (Conrad). In other words, diagnosis transforms random symptoms into an organized illness. In Joshua Ferris’s 2010 novel, The Unnamed, the main character’s symptom is never scientifically defined – it challenges medical classifications and clinical expertise. Hence, the character is never given permission to be ill, and thereby he is doomed to the chaos created by his condition.

However, the distinction between which categories are out there and which are within us, which are learnt and which discovered, is a categorisation which is itself rarely innocent. The development of ever more intricate taxonomies and classifications, and the paradigms and hierarchies which have so often flowed from them, have attempted to legitimise teleologies, “natural progressions” and power relations which we now seldom see as anything other than contrived, constructed, as so many instances of Foucaldian “discursive formations” or “powerknowledge”.

The imposition of categories, the drawing of lines, at the very least occludes a fundamental continuity, stifles nuance and creates a “type” which opens the way to a “profile”, to prediction, prejudice, stereotype and discrimination. At its most extreme, categorisation parodies its own capacity to assign or consign, reducing classification to a binary distinction, a polarisation and the formula “if you are not with me, you are against me”! The compassionless violence of such in/out and either/or distinctions can, however, lead to their own polar opposite: the rediscovery, regeneration and nurturing of care, empathy and the well-being of the necessarily nuanced self.

We would like to explore some of the ways in which categories both take up the challenge of organising different aspects of the art, politics and history of the English-speaking world, and are then themselves challenged as a form of limitation, even repression, and undermined, revised, transformed, overthrown. The field is an extremely rich one and the examples suggested here are only intended to indicate a few possibilities, and not to limit approaches in any way.

2022 CFP JE Paysages Tableau Turner

Journée d’étude doctorale

Lire le paysage : perception, interprétation, appropriation

Lundi 20 février 2023

Université Bordeaux Montaigne

(ill. J. M. W. Turner. Rain, Steam and Speed – The Great Western Railway (1844). Oil on canvas, 121.9 x 90.8 cm. National Gallery, London, UK)

Le paysage peut être compris dans son premier sens comme étant constitué d’un ensemble d’éléments visibles dans un lieu donné. Définir un paysage nécessite d’établir un point de vue et un cadrage, posant ainsi la question du regard et de la subjectivité. Le géographe français Georges Bertrand définit le paysage comme une “interprétation sociale de la nature”, le paysage étant à la fois une réalité concrète et symbolique. Or, les différentes interprétations d’un même lieu peuvent amener à une divergence dans les rapports à celui-ci. Les agissements qui découlent de chaque interprétation peuvent être complémentaires ou conflictuels.

Chaque perspective met en avant la sensibilité du sujet percevant : les croyances implicites, qui forment une pensée plutôt qu’une autre, peuvent s’y révéler. Nous pouvons nous interroger sur les frontières entre perception et projection (et le brouillage de cette frontière). Par ailleurs, nous sommes intéressés par ce qui arrive dans le cas de « choc de perceptions ». Par exemple, dans le problème de l’exotisme, nous pouvons penser à l’opposition que repère Bertrand Westphal (initiateur de la géocritique) entre point de vue « exogène » et « endogène » (La Géocritique 208), le premier désignant le regard de celui qui n’appartient pas au lieu et le second, celui de l’autochtone. On prêtera plus d’autorité à l’un ou l’autre selon l’époque, et selon les circonstances. Westphal définit aussi le point de vue « allogène » pour celui qui s’intègre à un nouveau paysage au point où celui-ci ne lui est plus exotique, sans pour autant lui être pleinement familier. Les entre-deux et va-et-vient peuvent être des processus dans lesquels nous pouvons observer un espace en tension.

Carmilla et ses sœurs : vampires féminins dans la littérature, au cinéma et dans la culture populaire

Carmilla’s Sisters – Female Vampires in Literature, Film and Popular Culture

Colloque international - Université Bordeaux Montaigne, 6-7 octobre 2022

Munch Vampire II

CLIMAS E.A. 4196 (Université Bordeaux Montaigne) / LASLAR E.A. 4256 (Université Caen Normandie) / Cinema and Television Research Institute (De Montfort University, Leicester, UK)

 

Conférenciers invités/Keynote speakers :

Gaïd Girard (Université de Bretagne Occidentale)

Kim Newman (writer, independent scholar)

 

Appel à communications [English version below]

Près de trente ans après la parution de l’ouvrage séminal de Nina Auerbach Our Vampires, Ourselves, il a paru opportun de saisir l’occasion des 150 ans de Carmilla de J. S. Le Fanu pour faire l’état des lieux des fictions vampiriques mobilisant la figure du féminin. Malgré quelques pages consacrées à Carmilla et aux vampires queers – dans The Vampire Book de Gordon J. Melton, 1999, Le miroir obscur. Histoire du cinéma des vampires, de Stéphane du Mesnildot, 2013, ou le catalogue de l’exposition Vampires de la Cinémathèque Française en 2019 – la figure de Dracula et des vampires masculins domine la littérature historique et critique. Pourtant, contrairement à une idée reçue, les vampires féminins sont très nombreux en littérature, au cinéma, dans les séries télévisées, en bande dessinée, et dérangent la majesté du comte vampire, attestant peut-être de son « obsolescence » (selon la formule de Robin Wood). Plusieurs fois adapté au cinéma, le texte de Le Fanu continue de poser de nombreuses questions aux lectrices et aux lecteurs d’aujourd’hui, sensibles aux enjeux LGBTQI+ et aux remous de la vague #MeToo. La figure historique de la comtesse Bathory, femme de pouvoir qui inspira déjà Bram Stoker dans "Dracula’s Gues"t (chapitre initial, supprimé, de Dracula), hante elle aussi les mémoires littéraires et cinéphile et appelle encore d’autres questions. La femme-vampire traverse les milieux : du cinéma d’auteur le plus confidentiel (Les lèvres rouges, Harry Kümel, 1971 ; Leonor, Juan Luis Bunuel, 1975) aux blockbusters (la franchise Underworld) en passant par les classiques européens (la Hammer, Roger Vadim) ou hollywoodiens (Near Dark, Kathryn Bigelow, 1987). Dans un article récent sur masculin et féminin dans le film de vampires, Claude-Georges Guilbert – qui fait remarquer l’abondance d’autrices dans la littérature vampirique – pensait voir dans le vampire féminin « l’avenir » du genre. Ce colloque lui donnera-t-il raison ?

Apple Blossoms Spring

L’abondance et le manque

Colloque international de jeunes chercheurs-Culture et Littérature des Mondes Anglophones (CLIMAS)

Université Bordeaux Montaigne, 17-18 février 2022

 

[English below]

 

(ill.: Apple Blossoms (Spring), John Everett Millais, 1856-59, Oil on Canvas, 110.5 x 172.7 cm)

Abondance et manque se posent comme des états opposés et sont pourtant tous deux contraires de l’équilibre, de l’harmonie, du neutre. La recherche ou la fuite d’une de ces deux extrémités met en jeu notre rapport aux ressources, au besoin et au désir, et nous invite à réfléchir à la question de la valeur, de la norme, et de l’excès. D’abord une question de survie fondamentale, notre rapport à l’abondance et au manque peut s’observer dans l'organisation de nos sociétés, de la langue, mais aussi dans nos recherches d’une esthétique et d’une expression.

D’un point de vue civilisationnel, les notions d’abondance et de manque évoquent la question des ressources, du marché, et du consumérisme. « L’ère de l’abondance » que nous vivons est marquée par l’abondance d’objets de consommation mais aussi d’informations. Dans le cadre de la consommation ostentatoire, l’abondance de richesses est mobilisée pour accumuler du capital culturel. Parmi les ressources qui peuvent être abondantes ou manquantes, la nourriture est un exemple qui interroge l’ambivalence de l’abondance. Si les festins peuvent jouer un rôle positif de renforcement du lien social et du prestige de l’hôte, la surabondance actuelle des nourritures industrielles transformées a des effets pervers sur la santé des consommateurs y compris les plus précaires. L’abondance peut avoir des effets positifs, comme pendant certaines périodes où la prospérité économique se conjugue à une fertilité créatrice et artistique (par exemple pendant les « Roaring Twenties » ou « années vrombissantes » aux États-Unis), de même que le besoin peut susciter l’innovation. À l’inverse, les effets pervers de l’abondance se manifestent par les conséquences négatives de l’hyperconsommation, notamment en termes environnementaux, mais aussi en termes culturels, éthiques et spirituels.